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Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /Mai /2010 13:11
Par Belsa - Publié dans : voyage-tour du monde- Thailande - Communauté : tourdumonde de belsa
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Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /Mai /2010 13:10

Aperçu de l'album photos “Arbres--nature--vegetations” :

Vouloir fixer l'éphémère, l'instant, la nature belle, le cadeau est magnifique, je clique et le cadeau est là..

Arbres--nature--vegetations 3914 Arbres--nature--vegetations 3925 Arbres--nature--vegetations 6784 Arbres--nature--vegetations 6760

Voir l'album “Arbres--nature--vegetations”


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Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /Mai /2010 13:00
Par Belsa - Publié dans : tour du monde - Communauté : tourdumonde de belsa
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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /Fév /2010 06:10

http://www.lulu.com/product/couverture-souple/coucou-mes-toi/6304652?showPreviewv sa

Le savon sent bon, il nettoie corps mains et pinceaux de la toile achevée à l’heure du déjuc. J’enfile à la hâte des vêtements propres dans les premiers rires du rez-de-chaussée.  Au loin, les cornes de brumes annoncent déjà les bateaux ventrus des touristes qui ont voyagés plusieurs heures sur le fleuve Li depuis Guillin entre les montagnes et rochers karstiques aux noms de légendes : Yellow closes in The water, Kamel crossing The river... Je ne veux en rater aucun, ni la vieille dame quand elle ouvrira son échoppe au son d’un match de foot, ni le peintre mélomanne qui entonne avec force et mauvaises notes une chanson venue d’un autre temps, ni Kim qui m’attend pour partager un épi de maïs tendre, ni tous les autres, ceux qui font les couleurs de Xinping en Chine !

D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours voulu voyager et un jour alors que j’allais avoir quarante-quatre ans ma vie a changé ! En quelques heures j’étais devenu un cliché, obsolète, extras-muros et l’homme que j’aimais depuis 25 ans, suffisant du très jeune amour qu’il s’offrait ! Mode apnée sabbatique, on respire, on reste zen ! Un an plus tard, j’ai vendu mes toiles, bourré mon sac à dos avec vingt kilos de choses pour la plupart inutiles (maquillages compris), j’ai fermé la porte et dis que je partais pour une grande balade de quelques années ! C’est comme ça que je suis devenue un gastéropode voyageur...

En général je suis une touriste pendant un mois et demi, c’est à peu près le temps qu’il me faut pour « être » dans un pays. J’observe, je hume, j’écoute, je m’adapte, je prends possession du coin... Après, je me fonds dans le décor en devenant celle qui est venue d’ailleur mais qui fait partie désormais du paysage ... Il y a tant d’images chargées d’émotions fortes et belles, de bonheurs absolus, de fous rires, de pleurs, de fatigues, de colères aussi qui se bousculent dans ma mémoire et chacune d’elles est une histoire...

Il y a eu l’Inde et mon amour pour Bundi (gros bourg de campagnes du sud du Rajasthan) né un soir alors que j’arrivais de Puskhar et de sa foire aux chameaux. J’ai posé mon sac dans la famille de Major qui m’a adopté pour un très très long moment.

Ahh il me faudrait des vies pour décrire la lumière de Bundi, ses maisons chargées de tant d’histoires, ses légendes, ses gens tous incroyablement magnifique, mais les mots seraient de ceux qu’il faut vivre tout simplement. Je me suis laissé bercer dans la douceur de leurs bonheurs qu’ils aiment  tant partager. Ils m’ont appris (chacun à sa manière), l’histoire des Radjputes, les traditions, la philosophie hindoue, leurs craintes, leurs joies, leur vie ainsi que les rudiments du Hindi et de l’Anglais que je confondais et aujourd’hui c’est non sans fierté que je sais faire (enfin) la différence entre six O’clock et Sex Time (ouf) !

 

 

 

 

 

 

 

Il y a eu la guerre des fauteuils (dont j’ai été l’enjeu) qui a tenu Bundi en haleine pendant près de deux ans ! Deux conccurents dans leurs shop de jus de fruit frais glace, coca pizza infecte se battaient à augmenter la hauteur de leurs fauteuils pour que les gens puissent voir leur principale attraction (moi) sans échanger une seule insulte, juste avec l’ humour et mon préféré a fini par changer son fauteuil et puis toute sa déco...

J’ai eu l’invitation officielle du Maharadjah pour prendre le thé  au Palais des Fleurs ! Comme j’ai aimé prendre un tchaï avec ceux de mon quartier et pour descendre jusqu'au centre-ville alors qu’il ne faut que quelques minutes je mettais deux heures !! Les promenades jusqu’au lac, le marché et le chic qu’ont les paysannes d’être dans le ton avec leurs marchandises posées à même le sol (rose pour la mamie qui vend les aubergines et oignons rouges, ocre pour celle qui vend des haricots) fushia pour celles qui travaillent dans les champs de moutardes).

Il y a eu les fêtes, celle du vent avec les batailles de cerf-volants en criant Allaguée sur les toits ( on devrait toujours peindre des ciels comme ça), le nouvel an avec comme repas de la tête de bouc, celle des lumières  avec des milliers de petites lampes à huile sur toutes les surfaces planes de la ville, celle des couleurs où l’ont s’arrosent de poudre coloré, la fête de la magie, de la ville ! La poste et la banque (impossible à faire dans la même journée)...Il y a eu les sourires et des rires par milliers, par millions...!  Les singes partout même dans ma chambre, les vaches qui mendient avec les porcs, les moustiques, le feulement des panthères qui viennent les nuits s’abreuver au grand bassin Le magnifique King Fisher au Palais Kipling, les couleurs, Pirate, l’odeur des épices, le Taj Mahal et la visite de mon fils !

Le Dajeerling, Silliguri avec Suisri et son rickshaw fait de bric à brac ! Il faisait si froid qu’un moine m’a offert des chaussettes en laine de Yack ! Il y a eu Palolem à Goa pendant cinq mois pour ma convalescence dans ma hutte au toit jaune sur pilotis et les baignades à l’aube avec Bella la chienne, les pêcheurs, les bateaux, les filets, le requin !... Les toilettes de l’impérial Palace de Delhi ! Delhi et les copains à Noël (French Salami, camembert en conserve »Bonjour la France«, vin, forêt noire dans Parhagange) ! Trente heures de trajet avec des Coréens vomissant leurs tripes à chaque tournant pour nous amener à Leh où un ex-moine tibétain m’a demandé en mariage ! j’ai vu le Karmapa à Daramssala, et le médecin du Dalai Lama. Un sädhu (un vrai) à Varanasi qui venait de faire trois mille kilomètres à pied m’a offert son bien le plus précieux, le bracelet de son gourou, qu’on m’a volé le lendemain !

Pondichéry, où j’ai donné des cours de conversation française à des Radjputes qui ont fini par chanter «  Les bonbons de Brel dans la rue ! Les bus de soixantedix places avec deux cents personnes entassées la vache et les poules comprises, tout en écoutant Cantabile de Michel Petrucciani, voir le soleil sous toutes ses formes, les massages ! Les portes ouvertes partout m’invitant à entrer quelques instants, à partager un thé, une collation, un repas, un lit...

 

 

 

Le Népal avec ses Annapurna et ma rencontre avec Robert un ex Caid de Liverpool qui voulait m’enlever pour aller faire du Tango en Argentine, un Japonais anonyme qui m’a baisé le pied droit à Pokhara pendant un concert de blues, la salle en apnée si si  (moi aussi)! Les amours et désamours, (souvent de paire ça, comprends pas !) ...

Le Laos avec la remontée du Mékong pendant deux jours, ma rencontre inoubliable avec deux Russes Serguey  passionné de littérature française et de Tom Waits et Edgar me chantant « Tombe la neige » d’Adamo ! Ma ballade en moto dans le sud et mon sauvetage par le peuple de la forêt et surtout mon extraordinaire rencontre avec Savonne ! J’ai vécu dans la jungle avec elle pendant trois jours en mangeant des fourmis et hannetons, lézard ! J’ai failli servir de dîner à une tigresse et son petit...

Il y a eu les galères et les colères évidemment

Faire quarante heures de bus alors qu’il en était prévu douze. Pousser ma moto une journée entière sur des dénivellés de 60 % (juste avant la tigresse) sous un soleil de plomb et une rivière d’un mètre de profondeur (Laos)! Attendre 15 heures un train dans une gare pourrave à Tundla la veille de Noël dans un froid glacial et finir debout la nuit dans un compartiment bondé, en chantant petit papa Noël en boucle (foule en délire, applause !)...La dengue, les fièvres et des trucs cassés de partout, les vols, les déceptions, le tourisme sexuel et les horreurs avec lesquelles il faudra vivre !

Les fausses humanités, que l’on donne des bonbons, stylos et ballons aux enfants sans l’autorisation des parents ! Qu’on construise une école avec une croix à l’entrée pour leurs apprendre finalement que nous autres sommes civilisés et éduqués... la ritournelle des trois P chez certains touristes, Puanteur, Propreté, Pauvreté ! Qu’on juge sans savoir, qu’on s’arrête aux apparences !

Bref, oubliez vites les galères et ses grands moments de solitudes, ils sont toujours suivies par des bonheurs et des joies simples, faites d’un sourire, d’un geste, d’un regard plus que de mots un merci à tous ces gens merveilleux qui m’ont accordé un peu de leurs temps et m’ont tant appris... Et surtout ce gamin des rues à Dehli qui sur son tee shirt avait écrit » quand je suis né, j’étais intelligent, mon éducation a tout détruit ! »

Demain mes pas m’emporteront vers d’autres lieux, d’autres histoires, d’autres vies ! Je quitte Xinping en ne sachant pas si je vais revenir. Une nouvelle toile  profile, quelle en sera la palette ? Vai-je l’aimer ? Par où et quoi commencer ? Le premier bus pour le Nord, peut-être vers le Sud ! C’est avec toutes ces questions que je ferai mon sac ce soir dans la nuit tombée et que j’écouterai une dernière fois Xinping la bienheureuse s’endormir et c’est tant mieux !

Si l’envie de m’écrire vous prennait, n’hésitez pas, j’adore ça ! et puis surtout, si vous croisez un escargot sur votre route ne l’écrasez pas, vous savez maintenant qu’il est peut-être en partance pour visiter la terre ...

 

von sent bon, il nettoie corps mains et pinceaux de la toile achevée à l’heure du déjuc. J’enfile à la hâte des vêtements propres dans les premiers rires du rez-de-chaussée.  Au loin, les cornes de brumes annoncent déjà les bateaux ventrus des touristes qui ont voyagés plusieurs heures sur le fleuve Li depuis Guillin entre les montagnes et rochers karstiques aux noms de légendes : Yellow closes in The water, Kamel crossing The river... Je ne veux en rater aucun, ni la vieille dame quand elle ouvrira son échoppe au son d’un match de foot, ni le peintre mélomanne qui entonne avec force et mauvaises notes une chanson venue d’un autre temps, ni Kim qui m’attend pour partager un épi de maïs tendre, ni tous les autres, ceux qui font les couleurs de Xinping en Chine !

 

D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours voulu voyager et un jour alors que j’allais avoir quarante-quatre ans ma vie a changé ! En quelques heures j’étais devenu un cliché, obsolète, extras-muros et l’homme que j’aimais depuis 25 ans, suffisant du très jeune amour qu’il s’offrait ! Mode apnée sabbatique, on respire, on reste zen ! Un an plus tard, j’ai vendu mes toiles, bourré mon sac à dos avec vingt kilos de choses pour la plupart inutiles (maquillages compris), j’ai fermé la porte et dis que je partais pour une grande balade de quelques années ! C’est comme ça que je suis devenue un gastéropode voyageur...

En général je suis une touriste pendant un mois et demi, c’est à peu près le temps qu’il me faut pour « être » dans un pays. J’observe, je hume, j’écoute, je m’adapte, je prends possession du coin... Après, je me fonds dans le décor en devenant celle qui est venue d’ailleur mais qui fait partie désormais du paysage ... Il y a tant d’images chargées d’émotions fortes et belles, de bonheurs absolus, de fous rires, de pleurs, de fatigues, de colères aussi qui se bousculent dans ma mémoire et chacune d’elles est une histoire...

Il y a eu l’Inde et mon amour pour Bundi (gros bourg de campagnes du sud du Rajasthan) né un soir alors que j’arrivais de Puskhar et de sa foire aux chameaux. J’ai posé mon sac dans la famille de Major qui m’a adopté pour un très très long moment.

Ahh il me faudrait des vies pour décrire la lumière de Bundi, ses maisons chargées de tant d’histoires, ses légendes, ses gens tous incroyablement magnifique, mais les mots seraient de ceux qu’il faut vivre tout simplement. Je me suis laissé bercer dans la douceur de leurs bonheurs qu’ils aiment  tant partager. Ils m’ont appris (chacun à sa manière), l’histoire des Radjputes, les traditions, la philosophie hindoue, leurs craintes, leurs joies, leur vie ainsi que les rudiments du Hindi et de l’Anglais que je confondais et aujourd’hui c’est non sans fierté que je sais faire (enfin) la différence entre six O’clock et Sex Time (ouf) !

 

 

 

 

 

 

 

Il y a eu la guerre des fauteuils (dont j’ai été l’enjeu) qui a tenu Bundi en haleine pendant près de deux ans ! Deux conccurents dans leurs shop de jus de fruit frais glace, coca pizza infecte se battaient à augmenter la hauteur de leurs fauteuils pour que les gens puissent voir leur principale attraction (moi) sans échanger une seule insulte, juste avec l’ humour et mon préféré a fini par changer son fauteuil et puis toute sa déco...

J’ai eu l’invitation officielle du Maharadjah pour prendre le thé  au Palais des Fleurs ! Comme j’ai aimé prendre un tchaï avec ceux de mon quartier et pour descendre jusqu'au centre-ville alors qu’il ne faut que quelques minutes je mettais deux heures !! Les promenades jusqu’au lac, le marché et le chic qu’ont les paysannes d’être dans le ton avec leurs marchandises posées à même le sol (rose pour la mamie qui vend les aubergines et oignons rouges, ocre pour celle qui vend des haricots) fushia pour celles qui travaillent dans les champs de moutardes).

Il y a eu les fêtes, celle du vent avec les batailles de cerf-volants en criant Allaguée sur les toits ( on devrait toujours peindre des ciels comme ça), le nouvel an avec comme repas de la tête de bouc, celle des lumières  avec des milliers de petites lampes à huile sur toutes les surfaces planes de la ville, celle des couleurs où l’ont s’arrosent de poudre coloré, la fête de la magie, de la ville ! La poste et la banque (impossible à faire dans la même journée)...Il y a eu les sourires et des rires par milliers, par millions...!  Les singes partout même dans ma chambre, les vaches qui mendient avec les porcs, les moustiques, le feulement des panthères qui viennent les nuits s’abreuver au grand bassin Le magnifique King Fisher au Palais Kipling, les couleurs, Pirate, l’odeur des épices, le Taj Mahal et la visite de mon fils !

Le Dajeerling, Silliguri avec Suisri et son rickshaw fait de bric à brac ! Il faisait si froid qu’un moine m’a offert des chaussettes en laine de Yack ! Il y a eu Palolem à Goa pendant cinq mois pour ma convalescence dans ma hutte au toit jaune sur pilotis et les baignades à l’aube avec Bella la chienne, les pêcheurs, les bateaux, les filets, le requin !... Les toilettes de l’impérial Palace de Delhi ! Delhi et les copains à Noël (French Salami, camembert en conserve »Bonjour la France«, vin, forêt noire dans Parhagange) ! Trente heures de trajet avec des Coréens vomissant leurs tripes à chaque tournant pour nous amener à Leh où un ex-moine tibétain m’a demandé en mariage ! j’ai vu le Karmapa à Daramssala, et le médecin du Dalai Lama. Un sädhu (un vrai) à Varanasi qui venait de faire trois mille kilomètres à pied m’a offert son bien le plus précieux, le bracelet de son gourou, qu’on m’a volé le lendemain !

Pondichéry, où j’ai donné des cours de conversation française à des Radjputes qui ont fini par chanter «  Les bonbons de Brel dans la rue ! Les bus de soixantedix places avec deux cents personnes entassées la vache et les poules comprises, tout en écoutant Cantabile de Michel Petrucciani, voir le soleil sous toutes ses formes, les massages ! Les portes ouvertes partout m’invitant à entrer quelques instants, à partager un thé, une collation, un repas, un lit...

 

 

 

Le Népal avec ses Annapurna et ma rencontre avec Robert un ex Caid de Liverpool qui voulait m’enlever pour aller faire du Tango en Argentine, un Japonais anonyme qui m’a baisé le pied droit à Pokhara pendant un concert de blues, la salle en apnée si si  (moi aussi)! Les amours et désamours, (souvent de paire ça, comprends pas !) ...

Le Laos avec la remontée du Mékong pendant deux jours, ma rencontre inoubliable avec deux Russes Serguey  passionné de littérature française et de Tom Waits et Edgar me chantant « Tombe la neige » d’Adamo ! Ma ballade en moto dans le sud et mon sauvetage par le peuple de la forêt et surtout mon extraordinaire rencontre avec Savonne ! J’ai vécu dans la jungle avec elle pendant trois jours en mangeant des fourmis et hannetons, lézard ! J’ai failli servir de dîner à une tigresse et son petit...

Il y a eu les galères et les colères évidemment

Faire quarante heures de bus alors qu’il en était prévu douze. Pousser ma moto une journée entière sur des dénivellés de 60 % (juste avant la tigresse) sous un soleil de plomb et une rivière d’un mètre de profondeur (Laos)! Attendre 15 heures un train dans une gare pourrave à Tundla la


 

 

Le savon sent bon, il nettoie corps mains et pinceaux de la toile achevée à l’heure du déjuc. J’enfile à la hâte des vêtements propres dans les premiers rires du rez-de-chaussée.  Au loin, les cornes de brumes annoncent déjà les bateaux ventrus des touristes qui ont voyagés plusieurs heures sur le fleuve Li depuis Guillin entre les montagnes et rochers karstiques aux noms de légendes : Yellow closes in The water, Kamel crossing The river... Je ne veux en rater aucun, ni la vieille dame quand elle ouvrira son échoppe au son d’un match de foot, ni le peintre mélomanne qui entonne avec force et mauvaises notes une chanson venue d’un autre temps, ni Kim qui m’attend pour partager un épi de maïs tendre, ni tous les autres, ceux qui font les couleurs de Xinping en Chine !

D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours voulu voyager et un jour alors que j’allais avoir quarante-quatre ans ma vie a changé ! En quelques heures j’étais devenu un cliché, obsolète, extras-muros et l’homme que j’aimais depuis 25 ans, suffisant du très jeune amour qu’il s’offrait ! Mode apnée sabbatique, on respire, on reste zen ! Un an plus tard, j’ai vendu mes toiles, bourré mon sac à dos avec vingt kilos de choses pour la plupart inutiles (maquillages compris), j’ai fermé la porte et dis que je partais pour une grande balade de quelques années ! C’est comme ça que je suis devenue un gastéropode voyageur...

En général je suis une touriste pendant un mois et demi, c’est à peu près le temps qu’il me faut pour « être » dans un pays. J’observe, je hume, j’écoute, je m’adapte, je prends possession du coin... Après, je me fonds dans le décor en devenant celle qui est venue d’ailleur mais qui fait partie désormais du paysage ... Il y a tant d’images chargées d’émotions fortes et belles, de bonheurs absolus, de fous rires, de pleurs, de fatigues, de colères aussi qui se bousculent dans ma mémoire et chacune d’elles est une histoire...

Il y a eu l’Inde et mon amour pour Bundi (gros bourg de campagnes du sud du Rajasthan) né un soir alors que j’arrivais de Puskhar et de sa foire aux chameaux. J’ai posé mon sac dans la famille de Major qui m’a adopté pour un très très long moment.

Ahh il me faudrait des vies pour décrire la lumière de Bundi, ses maisons chargées de tant d’histoires, ses légendes, ses gens tous incroyablement magnifique, mais les mots seraient de ceux qu’il faut vivre tout simplement. Je me suis laissé bercer dans la douceur de leurs bonheurs qu’ils aiment  tant partager. Ils m’ont appris (chacun à sa manière), l’histoire des Radjputes, les traditions, la philosophie hindoue, leurs craintes, leurs joies, leur vie ainsi que les rudiments du Hindi et de l’Anglais que je confondais et aujourd’hui c’est non sans fierté que je sais faire (enfin) la différence entre six O’clock et Sex Time (ouf) !

 

 

 

 

 

 

 

Il y a eu la guerre des fauteuils (dont j’ai été l’enjeu) qui a tenu Bundi en haleine pendant près de deux ans ! Deux conccurents dans leurs shop de jus de fruit frais glace, coca pizza infecte se battaient à augmenter la hauteur de leurs fauteuils pour que les gens puissent voir leur principale attraction (moi) sans échanger une seule insulte, juste avec l’ humour et mon préféré a fini par changer son fauteuil et puis toute sa déco...

J’ai eu l’invitation officielle du Maharadjah pour prendre le thé  au Palais des Fleurs ! Comme j’ai aimé prendre un tchaï avec ceux de mon quartier et pour descendre jusqu'au centre-ville alors qu’il ne faut que quelques minutes je mettais deux heures !! Les promenades jusqu’au lac, le marché et le chic qu’ont les paysannes d’être dans le ton avec leurs marchandises posées à même le sol (rose pour la mamie qui vend les aubergines et oignons rouges, ocre pour celle qui vend des haricots) fushia pour celles qui travaillent dans les champs de moutardes).

Il y a eu les fêtes, celle du vent avec les batailles de cerf-volants en criant Allaguée sur les toits ( on devrait toujours peindre des ciels comme ça), le nouvel an avec comme repas de la tête de bouc, celle des lumières  avec des milliers de petites lampes à huile sur toutes les surfaces planes de la ville, celle des couleurs où l’ont s’arrosent de poudre coloré, la fête de la magie, de la ville ! La poste et la banque (impossible à faire dans la même journée)...Il y a eu les sourires et des rires par milliers, par millions...!  Les singes partout même dans ma chambre, les vaches qui mendient avec les porcs, les moustiques, le feulement des panthères qui viennent les nuits s’abreuver au grand bassin Le magnifique King Fisher au Palais Kipling, les couleurs, Pirate, l’odeur des épices, le Taj Mahal et la visite de mon fils !

Le Dajeerling, Silliguri avec Suisri et son rickshaw fait de bric à brac ! Il faisait si froid qu’un moine m’a offert des chaussettes en laine de Yack ! Il y a eu Palolem à Goa pendant cinq mois pour ma convalescence dans ma hutte au toit jaune sur pilotis et les baignades à l’aube avec Bella la chienne, les pêcheurs, les bateaux, les filets, le requin !... Les toilettes de l’impérial Palace de Delhi ! Delhi et les copains à Noël (French Salami, camembert en conserve »Bonjour la France«, vin, forêt noire dans Parhagange) ! Trente heures de trajet avec des Coréens vomissant leurs tripes à chaque tournant pour nous amener à Leh où un ex-moine tibétain m’a demandé en mariage ! j’ai vu le Karmapa à Daramssala, et le médecin du Dalai Lama. Un sädhu (un vrai) à Varanasi qui venait de faire trois mille kilomètres à pied m’a offert son bien le plus précieux, le bracelet de son gourou, qu’on m’a volé le lendemain !

Pondichéry, où j’ai donné des cours de conversation française à des Radjputes qui ont fini par chanter «  Les bonbons de Brel dans la rue ! Les bus de soixantedix places avec deux cents personnes entassées la vache et les poules comprises, tout en écoutant Cantabile de Michel Petrucciani, voir le soleil sous toutes ses formes, les massages ! Les portes ouvertes partout m’invitant à entrer quelques instants, à partager un thé, une collation, un repas, un lit...

 

 

 

Le Népal avec ses Annapurna et ma rencontre avec Robert un ex Caid de Liverpool qui voulait m’enlever pour aller faire du Tango en Argentine, un Japonais anonyme qui m’a baisé le pied droit à Pokhara pendant un concert de blues, la salle en apnée si si  (moi aussi)! Les amours et désamours, (souvent de paire ça, comprends pas !) ...

Le Laos avec la remontée du Mékong pendant deux jours, ma rencontre inoubliable avec deux Russes Serguey  passionné de littérature française et de Tom Waits et Edgar me chantant « Tombe la neige » d’Adamo ! Ma ballade en moto dans le sud et mon sauvetage par le peuple de la forêt et surtout mon extraordinaire rencontre avec Savonne ! J’ai vécu dans la jungle avec elle pendant trois jours en mangeant des fourmis et hannetons, lézard ! J’ai failli servir de dîner à une tigresse et son petit...

Il y a eu les galères et les colères évidemment

Faire quarante heures de bus alors qu’il en était prévu douze. Pousser ma moto une journée entière sur des dénivellés de 60 % (juste avant la tigresse) sous un soleil de plomb et une rivière d’un mètre de profondeur (Laos)! Attendre 15 heures un train dans une gare pourrave à Tundla la veille de Noël dans un froid glacial et finir debout la nuit dans un compartiment bondé, en chantant petit papa Noël en boucle (foule en délire, applause !)...La dengue, les fièvres et des trucs cassés de partout, les vols, les déceptions, le tourisme sexuel et les horreurs avec lesquelles il faudra vivre !

Les fausses humanités, que l’on donne des bonbons, stylos et ballons aux enfants sans l’autorisation des parents ! Qu’on construise une école avec une croix à l’entrée pour leurs apprendre finalement que nous autres sommes civilisés et éduqués... la ritournelle des trois P chez certains touristes, Puanteur, Propreté, Pauvreté ! Qu’on juge sans savoir, qu’on s’arrête aux apparences !

Bref, oubliez vites les galères et ses grands moments de solitudes, ils sont toujours suivies par des bonheurs et des joies simples, faites d’un sourire, d’un geste, d’un regard plus que de mots un merci à tous ces gens merveilleux qui m’ont accordé un peu de leurs temps et m’ont tant appris... Et surtout ce gamin des rues à Dehli qui sur son tee shirt avait écrit » quand je suis né, j’étais intelligent, mon éducation a tout détruit ! »

Demain mes pas m’emporteront vers d’autres lieux, d’autres histoires, d’autres vies ! Je quitte Xinping en ne sachant pas si je vais revenir. Une nouvelle toile  profile, quelle en sera la palette ? Vai-je l’aimer ? Par où et quoi commencer ? Le premier bus pour le Nord, peut-être vers le Sud ! C’est avec toutes ces questions que je ferai mon sac ce soir dans la nuit tombée et que j’écouterai une dernière fois Xinping la bienheureuse s’endormir et c’est tant mieux !

Si l’envie de m’écrire vous prennait, n’hésitez pas, j’adore ça ! et puis surtout, si vous croisez un escargot sur votre route ne l’écrasez pas, vous savez maintenant qu’il est peut-être en partance pour visiter la terre ...

eille de Noël dans un froid glacial et finir debout la nuit dans un compartiment bondé, en chantant petit papa Noël en boucle (foule en délire, applause !)...La dengue, les fièvres et des trucs cassés de partout, les vols, les déceptions, le tourisme sexuel et les horreurs avec lesquelles il faudra vivre !

 

Les fausses humanités, que l’on donne des bonbons, stylos et ballons aux enfants sans l’autorisation des parents ! Qu’on construise une école avec une croix à l’entrée pour leurs apprendre finalement que nous autres sommes civilisés et éduqués... la ritournelle des trois P chez certains touristes, Puanteur, Propreté, Pauvreté ! Qu’on juge sans savoir, qu’on s’arrête aux apparences !

Bref, oubliez vites les galères et ses grands moments de solitudes, ils sont toujours suivies par des bonheurs et des joies simples, faites d’un sourire, d’un geste, d’un regard plus que de mots un merci à tous ces gens merveilleux qui m’ont accordé un peu de leurs temps et m’ont tant appris... Et surtout ce gamin des rues à Dehli qui sur son tee shirt avait écrit » quand je suis né, j’étais intelligent, mon éducation a tout détruit ! »

Demain mes pas m’emporteront vers d’autres lieux, d’autres histoires, d’autres vies ! Je quitte Xinping en ne sachant pas si je vais revenir. Une nouvelle toile  profile, quelle en sera la palette ? Vai-je l’aimer ? Par où et quoi commencer ? Le premier bus pour le Nord, peut-être vers le Sud ! C’est avec toutes ces questions que je ferai mon sac ce soir dans la nuit tombée et que j’écouterai une dernière fois Xinping la bienheureuse s’endormir et c’est tant mieux !

Si l’envie de m’écrire vous prennait, n’hésitez pas, j’adore ça ! et puis surtout, si vous croisez un escargot sur votre route ne l’écrasez pas, vous savez maintenant qu’il est peut-être en partance pour visiter la terre ...

 

Par Belsa
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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /Fév /2010 05:40

Laos---Le-Sud-en-moto 4364Le Laos en moto  (la suite)

 

 

Le village ombragé et frais où Chem m’avait laissé était magnifique et je réalisais que je n’aurai jamais pu l’atteindre trois jours plus tôt mais il aurait été très agréable d’y rester ; photo dans ma tête à classer quelque part dans les "j’y reviendrai »...

J’ai fais le plein d’essence dans une petite épicerie en bois typiquement Laotienne, deux bouteilles d’eau remplis de l’énergie que ma Van Van buvait sans un bruit...Je me souviens encore lui avoir dit, tu vois hein, tu as le ventre plein donc soit sympa avec moi aujourd’hui et tout se passera bien. J’ai encore jeté un dernier regard dans la petite shop, il y avait de l’eau, et de quoi grignoter, mais Savonne m’avait remplis ma bouteille d’un litre, et Kââm m’avait donné du riz et de la viande boucanée pour la route, que me fallait-il de plus ? Un paquet de clope peut-être, mais je me suis dis que j’allais en trouver, bref, confiante, je pensais que tout irait bien.

 

Je dépassais le très beau village de deux kilomètres tout au plus, quand ma première épreuve arriva sous la forme d’un chemin boueux avec une impression de déjà vu,.... Il y avait un sentier à droite qui le contournait peut-être, je l’ai pris mais rien a faire il ne débouchait nulle part, faire un demi-tour sur un sentier, n’est pas une mince affaire, mais qu’importe, je l’ai fait et j’étais à nouveau sur mon chemin à l’obstacle glissant....Que faire ?

 

Je n’osais pas retourner au village, j’avais honte je dois dire, je ne voulais pas donner l’impression que je ne savais pas me débrouiller, ma fierté d’Alsacienne en dépendait.... Bon, mais une autre gamelle aussi près du village, ça serait encore plus con ! Allez pas de chichis Elisa, trouves une solution et vas y !!!  Alors je suis descendu, et je l’ai poussé, lentement, très très lentement, les pieds dans la vase, on avançait pas à pas toutes les deux, je lui parlais doucement comme à une jument nerveuse.... Oui, c’est ça ! tu vois ?, ce n’est pas compliqué hein ? Lentement, oui, comme ça !.... Tu vois ? on va y arriver !.... C’est bien, c’est bien !... T’es une bonne fille, etc etc...

Arrêt de fin, une quarantaine de mètres plus loin, je n’en revenais pas ! J’ai allumé ma première clope avec l’œil de ceux qui ne doutent de rien...., Yesss ma grande, t’es carrément géniale. !... Tu vois, ma belle, je te pardonne la gamelle de l’autre jour et si là, j’ai les chaussures remplis de boues, je ne t’en veux pas non plus !

 Hé oui ! Je suis comme ça moi ! 

 

Remettre son casque, redémarrer la moto les doigts de pieds frétillant dans la boue, humer le bon air de la fierté, ne pas oublier de sourire, en route pour l’aventure....

 

Arrêt sur image, un virage à droite et vingt mètres plus loin...

 

Remake, je croyais revoir la même scène, je me suis même retourné pour être certaine que je ne rêvais pas ! Pareille, sauf que ça descendait un peu, pour remonter ensuite....

Arrêter la moto, enlever le casque, trouver le point mort, (longtemps ça) tu connais la suite hein ? on retient, on pousse, on glissse, on grogne, on respire, on prie !!!

Remettre la moto sur la béquille, remettre le casque, redémarrer la moto, et une idée surgit, et si ça recommençait à quelques mètres ?

Redescendre de la moto, couper le moteur, garder le casque, enlever la clef prendre l’appareil photo et marcher....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Virage à gauche, ça monte... ça monte vraiment, vraiment... le chemin n’est pas plat en plus, ca ressemblait à ces pistes de neige avec des bosses partout, hautes pour certaine... je calerai c’est sûr et comment la retenir, là au milieu par exemple ?.... Mais j’ai confiance en moi non ?

Retour, casque, démarrer le moteur, trouver le point mort, mettre la première et tirer à fond sur la manette et ne pas lâcher le frein....

 

Elle a calée trois ou quatre fois, la garce !!!  Essayez de redémarrer une moto en pleine pente avec votre pied gauche tout en vous calant sur votre pied droit qui glisse et sur le chemin et dans la chaussure... Oui, je sais on peut mettre le point mort, j’ai essayé, mais encore faut-il le trouver en retenant la moto qui ne voulait que prendre le chemin inverse.... Hum je crois que j’ai du l’insulter, oh pas grand-chose, genre "tu fais chiiiieeer, merde ! »

Essoufflée (et nase), j’ai refais une pause clope, j’avais toujours confiance, il faisait encore tôt, la journée était belle, et il me semblait avoir trouver le truc pour faire de la moto-cross à pied... Je me suis même demandé s’il y aurait des gens assez con pour payer pour faire ce genre de choses !...

 

Allez zou la jungle t’appartient... (Hum, elle a vraiment fait ça la fameuse nièce ?)

Deux ou trois kilomètres de bonheur absolu, le paysage est magnifique, des gens travaillent dans un champs, je les salue d’un petit coup de klaxon....le paysage est large très large et le chemin aussi...enfin juste avant la descente en entonnoir droit devant moi (tiens je n’avais pas encore eu cette variante)...

 

 1 - Arrêt : clefs, casque, appareil photo, bouteille d’eau, je vais me la faire !

 

 2 - Repérage : Chemin en forme de V, descente à pic, crevasse boueuse, cinquante centimètres de profondeur au milieu...

 

 3 – Foot-Crash-test : trois glissades et atterrissage pas contrôlé sur les fesses et les paumes de mes mains....

 

 4 – Résulte : Mouais ! Ça va pas le faire !

 

J’en étais encore à me demander ce que j’allais faire quand un jeune homme à scooter est venu derrière moi, je lui ai demander de m’aider, et c’est ce qu’il a fait, on glissait en parfaite harmonie à trois.... en bas de la côte il m’a dit qu’il y en avait encore une autre, et on a continuer... RE... puis RE...

Pause clope pour tous les deux.... il est reparti, et je lui ai demandé si je pouvais l’aider pour la sienne, il a sourit et a dit non...Je ne l’ai plus revu, et je me suis demandé par où il était passé....

 

Recasque, redémarrage,. tout quoi !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le chemin serpentait le long de rizières sèches que la mousson allait alimenter en eau très bientôt, des maisonnettes ici et là perdues au milieu de nulle part jalonnaient le chemin devenu sage... j’ai regardais la nature belle, j’entendais ses bruits, des oiseaux, des papillons gigantesques virevoltaient autour de moi... J’ai eu enfin le temps de penser à Savonne, et aux siens, je rêvassais heureuse et je me suis laissée à penser que j’étais sortie d’affaire...

 

 

 

 La forêt brulait, elle brule de partout au Laos, un trafic organisé par l’armée vide le pays de ses essences rares, le truc est simple, on brule pour tuer les animaux cachés et éviter tout danger, on attend, et on coupe...Des vallées entières, des montagnes, et le ciel est tellement chargé de fumée que le soleil n’arrive a passer...Officiellement pour les touristes qui n’aiment pas la fumée, ce sont les rizières qu’on brulent avant l’arrivée de la mousson... Moi tout le long du pays, je n’en ai pas vu une seule !!!! La mousson n’est que dans un mois, ils feront ça donc plus tard...Mais ça rassure les touristes...donc tout va bien ! Or ici il n’y en a aucun !!!.... Je vois des bûcherons avec leurs tronçonneuses, je leurs lance un regard mauvais.... C’est vous qui tuez la forêt de Savonne ???? Sales Cons !

 

Mouais, pas malin ça, on ne se la ramène pas quand on est seule !! Leçon du jour ! Car devant moi s’annonçait une descente encore plus terrible que la dernière, et au fond une marre d’eau boueuse.... Même pas la peine d’aller voir, c’était impossible, tout simplement...Je commençais sérieusement à en avoir ras le bol !!

 

Casque, clefs, photo, eau... retour en arrière vers les bûcherons, profil bas.... très bas !!

Un seul a voulu m’aider, les autres m’ont regardés genre tu te démerde ma vieille...

Il m’a accompagné avec deux enfants sortis de je ne sais où.... Retenir, glisser, relever, retenir, reglissade, arrêt, le passage a guets boueux, arrêt, pousser glisser caler, pousser...Tout simplement éreintant pour moi comme pour lui ! Je voulais le remercier, mais il m’a dit, c’est pas fini.... Il y en a eu trois !!!!.... à la dernière montée il a voulu prendre les choses en main, genre punaise elle a une moto et ne sait pas se démerder, il a pris la moto et est monté dessus, deux fois il est tombé, il m’a regardé genre j’ai compris et m’a demandé d’où je venais.... Il n’en croyait pas ses yeux....

 

J’étais partie à six heures du matin, et le soleil n’était pas tout a fait au zénith que j’étais déjà totalement épuisée...

Quand le chemin pour revenir lui a semblé long, trempé de sueur, il m’a donné une gentille tape pleine de tendresse et d’encouragement dans le dos, en me disant que le mieux c’est de la pousser tout du long, parce qu’il y en a encore quatre...

 

Ayé !!! je n’avais plus le moral...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors, j’ai pris cette satanée bécane lourde comme un semi remorque, et je l’ai poussé, pousser, tirer en criant dans la colère la plus noire, en la menaçant de la laisser là ou d’y mettre le feu....

La rage aidant j’ai fais une dizaine voir quinze Km, voir des heures avec un soleil qui sans les arbres avait le poids d’une enclume sur ma tête.... L’odeur âcre de la fumée me donnait du mal pour respirer et mon cœur battait à la chamade...(Sergueï ta gueule !)

 

Recasque, reclef, redémarrage, un coup de flotte la bouteille se vidait à vue d’œil...

 

J’ai réussi à faire deux kilomètres en baissant la tête, car certains arbres étaient tombés à travers le chemin qui frisait sentier.... je me suis encore dit heureusement que j’ai un casque, pas envie qu’un serpent me morde en passant...

 

 

 

Un virage à droite... Mon cœur s’accélère...

 

A....C...C....Photo...E....Que la force soit avec moi !!!

 

Et là, non seulement il y avait une descente vertigineuse, mais une rivière au bout.... et une remontée impossible à grimper....

J’ai enlever mes chaussures et mes chaussettes pleine de boue, je me suis déshabillée et je suis aller voir...Une magnifique rivière, une eau pure et transparente, si transparente que vous aviez l’impression qu’elle ne faisait que quelques centimètres de profondeur, je me suis lavée, des poissons venaient mordiller mes pieds et  j’ai glissé, j’ai  refais plusieurs fois le chemin, regardé, pour un meilleur passage, les poissons me suivaient partout... Hum il y a des piranhas en Asie ? Bon, qu’est ce qu’il avait dit le toubib ? ne pas se baigner dans le l’eau stagnante, vers à profusion, des mouches qui pondent dans la peau... heu est ce qu’il m’a dit si les cobras nageaient ?....Désespérée, j’ai lavé mes chaussettes, nettoyer mes chaussures et J’ai regardé partout, refais encore et encore la traversée....

Seule, c’est I.M.P.O.S.S.I.B.L.E !!!!!!

 

Je suis remontée le cœur lourd en me disant que c’était injuste, j’ai mis la moto sous un arbre à l’ombre... J’ai fumé une clope, en me disant que Savonne allait venir...

 

Je n’avais pas faim, j’avais envie de vomir, j’entendais des déplacements d’animaux juste derrière moi, un porc épic sans doute ou une vache entrain de brouter.... Mais qu’est ce qu’elle foutait là, la vache d’abord ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors j’ai klaxonné, crier, hurler... recommencer, j’ai repris le chemin en sens inverse, en klaxonnant et j’ai vu deux femmes dans la jungle, que j’ai appelé, en vain, elles s’ont partis en courant...

Une heure, deux sans doute voir trois, je ne savais plus quoi faire.... Je me suis mise à réfléchir, je ne savais pas où j'étais et je ne pouvais pas revenir.... Je rêvais de m’asseoir ou de dormir là à même la terre à l’ombre, mais les serpents aiment la fraîcheur eux aussi, sans compter qu’il y avait des bestioles qui tournaient autour de moi, des insectes  et ses fourmis dont kèo m’avait dit " dangereuses "et cette vache qui n’arrêtait pas de m’effrayer... (mais qui dit vache dit village non ?) alors je restais debout pour parer à tout, au milieu d’un endroit dégagé d’herbes mais qui sortait de l’ombre et j’ai appelé encore et encore)....

Le soleil baissait dangereusement dans le ciel...J’ai appelé Savonne, et j’ai commencé à penser sérieusement à laisser la moto là, et partir à pied, mais à combien de kilomètres était le prochain village ? Emporter mes affaires ? les laissez là ? et la moto ? le loueur m’a dit, si on te la vole ça te coûtera 4000 Dollars, et moi je les avais pas ...J’en ai déduis que lorsque tu as les moyens, tu as des questions que tu ne te poses pas ! Qu’aurait fait Savonne à ma place ? je fermais les yeux et je l’imaginais, Savonne dis moi dis moi ce que je dois faire... Sortir ma moustiquaire ? Envisager de dormir ici ? NONNNNNN ! J’ai pris une photo de moi... Histoire de ne jamais oublié ce moment et au moment du clic, je l’ai entendu...

 

Un miaulement nasillard... là, à quelques mètres à ma droite dix, voir moins, sa mère a répondu là, encore plus près... Un feulement sourd et long...la futaie a bougé, Ma vache était une tigresse avec son petit !

J’étais scotchée pendant une seconde ou deux, je n’avais tout simplement pas pensé à ça ! J’étais en apnée, et puis je me suis entendu, un hurlement venu de je ne sais où, avec de l’air que je ne croyais plus avoir, je hurlais et mes bras bougeaient tout seuls, mon esprit était tétanisé, et mon corps agissait...

 

Mon cerveau a repris le dessus, réfléchir vite vite vite vite... Courir ? elle n’attendait peut-être que ça, elle attaquerait la gorge en premier, mettre vite le casque ? se jeter sous la moto ? grimper à un arbre ? j’ai jamais su grimper à un arbre et puis il ya des serpents, et puis l’arbre n’était pas haut, est ce qu’un tigre ça grimpe ? Merde je ne sais plus....aller à la rivière ? mais fallait courir d’abord et un tigre ça nage ! Sortir de ma mémoire, dossier Nationale Géographique Tigresse en chasse.... Comment faisaient leurs caméramans ou photographes ? Depuis combien de temps elle était là ? Qu’est ce qu’elle faisait ? Qu’est ce qu’elle pensait ? avait- elle dit à son petit " bouge pas, ce n’est pas un danger ? "ou elle est folle ? ou t’inquiète je vais me la faire ? ou jamais un repas aussi facile est venu jusqu’à moi ? ouiiiii tu auras les doigts de pieds.... où était –elle ? Pourquoi ça ne bougeait plus ? Quoi faire pour me défendre ? mon couteau suisse minimaliste était à Ventiane de toute manière.... Je puais ? Est-ce que j’étais un gibier pour elle ou pas ? Ca va faire mal ? Lui jeter mon appareil photo à la tronche ? Je criais, hurlais en même temps, en montrant mes dents, qui claquaient de trouille, je faisais de grands gestes, j’allais mourir ici... Rien à foutre de cette salope de moto à la con... Rien à foutre du loueur, je reculais lentement en sautant sur mes pieds bras écartés pour être plus impressionnante, j’ai réussi à prendre une pierre dans la main, je lui fouterai dans la gueule, jusqu’au cou s’il le faut, crier  tu ne me fais pas peur, la futaie bougeait, et moi je reculais face à elle, j’étais arrivé près de la descente, quand tout d’un coup j’ai entendu un autre bruit... un bruit de moteur...., j’ai lâché la pierre et j’ai couru..........

 

 

 

 

 

 

Ils étaient trois sur une mob. Deux femmes et un jeune homme, je leurs ai sauté dans les bras... Ils m’ont dit.... Faut pas rester là, tigres partout.... ah ??? (C’est le pluriel qui me choquait)... Mon cœur ne battait plus.... j’étais vide, exsangue ! On est remonté, en faisant du bruit, tout en étant très très prudent....

Ils m'ont aidé à pousser et porter la moto et c'est quand je suis arrivée dans l'eau que je suis tombée, ils m'ont secoués et m'ont fait boire de l'eau, deux litres (je sais c'est con aussi de mourir de déshydratation au bord d'une rivière) ou c’était le trop d’émotion, ou l’hydrocution... je ne sais pas..., il a fallu passer un autre guets boueux celui là  aussi profond jusqu’à mi cuisse, arrachage de branches pour les poser sous les roues, on était pas de trop à quatre...


Ils ont attendu que je reprenne des couleurs, m’ont écouté raconter ma journée, d’où je venais, ils m’ont dit "pas possible avec cette moto bike (je sais, je sais ) Ils connaissaient le village de Savonne, figurez vous qu’ils viennent du village de la pompe a essence et m’ont dit viens avec nous !!... la moto est trop lourde, pas le courage de retourner en arrière et de recommencer le trajet et en sens inverse et refaire le tout dans quelques jours...Acquiescement général.... Puis ils m'ont rassuré et dit que le prochain village n'était pas si loin et que le chemin était plat, Promis ? je crois que je leurs ai fait répété une dizaine de fois ? Bon, peut-être vingt ! Vraiment ?.... no Nam (eau ?) No boue (je montrai la boue) Non ! non ! non !!!
...; ils m’ont pris dans leurs bras, et j’ai pris une photo, ils m’ont sauvés la vie, et je ne savais pas comment les remercier...ils m’ont dit, un jour tu viendras dans notre village et j’ai promis.... ! Ils m’ont regardé partir et une fois seule j'ai pleuré...

 

Mon cœur battait encore, les larmes plein les yeux, je pleurais, je ne voyais plus rien, et je ne comprenais pas ce qui m’arrive... je tuerai le loueur. !!. Jamais cette conne de nièce qui n’avait jamais fait de moto était passé par là, il m’a menti à risquer ma vie ! Connard ! Je sentais encore leurs bras autour de moi... Je leurs faisais confiance aucun ne m’avait menti... Le chemin était facile maintenant, et un village est apparu comme par magie au bout de quelques kilomètres...

 

Je me suis arrêtée devant une femme allongée sur une natte, je lui ai demandé de m’héberger, elle a dit non, et m’a montré le chemin... J’ai vu un tas de planches de bois, je ne l’ai pas écouté, je suis descendu de la moto décidé de ne pas bouger pendant quelques minutes et de manger ! Quelle aille se faire foutre ! Des hommes sont arrivés en moto, lunettes noires, puant l’alcool, vestes militaires, armes sur le côté, ça sentait la mafia à plein nez... Je leurs ai raconté d’où je venais, ils ont rit et ils m’ont dit pas possible avec la moto, pas envie de les convaincre, plus la force.... Ils comptaient le bois... C’est là que j’ai compris que je devais être dans la réserve, et que je ne devais pas être témoin du pillage.... Ils m’ont dit tu as trois heures de route pour le prochain village...Je matais sa moto, une moto de ville, de route, impossible à rouler sur un chemin, j’en ai déduis que je ne devais pas être loin d’une route. J’ai pris la moto et je suis partie....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En effet au bout du village, il y avait une piste large et facile... je l’ai suivi sur plusieurs kilomètres sans penser à rien, juste à avancer, aller tout droit, le soleil baissait encore...

C’est quand j’ai vu une cabane au bord de la piste que j’ai pensé à mon essence, je ne savais pas où j’en étais, je me suis arrêté et j’ai dis faites le plein... Il y avait un banc sous un arbre juste à côté... je me suis assise, allumé une clope, je n’arrivais plus a dire un mot... Le pompiste m’a regardé longtemps, il n’a rien dit pendant que je m’endormais avec ma clope aux lèvres... Il m’a touché le bras à un moment et m’a demandé si ça allait... Je suis si fatiguée vous savez... et je lui ai raconté... quand j’ai fini des gens étaient là, je ne les avaient pas vu venir...; le pompiste m’a dit viens à la maison, tu te reposeras et tu pourras te laver.... Merci Faht, moi c’est Elisa !

 

 

Il s’est occupé de la moto d’une façon touchante et adorable, il a mise sous sa maison sur pilotis, il y avait là un lit en bambou, je me suis assise, j’ai allongé les bras en croix et j’ai dormi....

 

On m’a secoué à un moment, c’était Faht qui m’a dit que le soleil était couché et que si je voulais me laver, c’était maintenant... ; Il m’a montré le puit, son jardin, sa ferme, il m’a offert des fleurs,, et fait le tour du propriétaire. Il était fier de sa maison, et il avait raison...

C’est presque dans le noir que je me suis lavée, c’est là que j’ai réaliser que je n’avais plus de sarong puisque je l’avais donner à Savonne, alors rien à foutre je me suis mise nue...Mes pieds étaient bleus ! Je me suis lavée de la journée horrible, lavée de ce qui pourrait encore m’arriver, laver de tout, le savon sentait bon et rien ne comptait plus...

J’ai lavé mes fringues pleine de boue, j’ai encore accroché mes affaires, quand j’ai réalisé que Faht et toute sa famille m’avait regardé du haut d’une échelle !!!

 

Il m’a montré l’intérieur de la maison, installer un petit matelas sur le sol, et quand je l’ai remercier il m’a pris le sein gauche et voulait m’embrasser.........MERDE !!!!!!!

Je l’ai repoussé d’une force dont je ne me croyais plus capable... il a fait un bon de cinq mètre en arrière... et moi mon cœur a recommencé à battre fort.... tous mes sens étaient à nouveau en éveil... Il faisait nuit... Réfléchir ! Lui foutre une claque dans figure ? Il va me mettre dehors en pleine nuit, me casser ? JE NE VOIS RIEN LA NUIT ! Rien de rien !! J’avais l’impression d’être piégé...  Je resterai là, plus le choix ! Soit parano Elisa ! Ne rien boire de ce qu’il va t’offrir, ne rien accepter de manger que les autres n’ont pris en bouche d’abord... Et puis ne rien manger du tout !... Ne pas accepté de dormir seule dans une pièce... où était le reste de la famille ????? . Le dire à sa femme ? Faire un scandale ? Mais comment je fais pour me mettre dans de telles galères, j’étais en colère contre moi ! Pourquoi, je n’ai pas vu qu’ils me regardaient ?, je me croyais planquer derrière la haie, je n’ai pas vu qu’il y avait une autre entrée et une autre échelle, j’étais déçue... Faht a été tellement gentil pourtant, courant partout pour mon bien être, je n’avais pas vu sa femme, est ce qu’elle savait ? bref, analyser la situation dans le calme, je suis sortie et j’ai fumé une clope, puis une deuxième, puis une troisième il a tourné autour de moi, et je lui ai dit, je reste, mais si tu me touche je te frappe ! Il a fait oui de la tête genre, je sais !

 

 

 

Il ne m’arrivera plus rien, rien, et plus personne, ni quoi que ce soit ne me fera plus peur aujourd’hui... !

 

 

 

 

 

 

 

 

Des gens sont arrivés plus tard, avec une radio et de l’alcool, je me suis assise loin d’eux, pas question que je participe à la party... Faht racontait mon histoire, et on m’a demandé uniquement si j’avais des enfants, j’ai dit ouiii, un fils qui est policier International et qui m’attend à Savannakhet pour demain !!... et ça je l’ai dit avec le plus grand des sourires ! en ajoutant " I am veryyyy Happyyy ! On continuait à questionner Faht, sa femme assise à côté. Il a raconté comment, je m’étais lavée nue, il a mimé mes gestes... Et là un truc étonnant, l’homme a fait un geste du genre tu n’as pas essayé de l’embrasser ? de lui toucher le sein ? (mimique) et à Faht de répondre en soupirant (sa femme à côté ! ) non !, elle n’a pas voulu de moi, elle m’a repoussé et m’a montré son poing il a fait les gestes et une petite moue pour accompagner ses paroles... ; J’hallucinais !!!

 

Tout le monde se moquait de Faht, sa femme et ses enfants compris...Il avait l’air d’un gamin a qui on refuse une friandise, il soupirait tête baissé, il a allumé sa pipe et moi j’essayais de comprendre... Et là, sa femme lui a fait une petite tape dans le dos, genre allez ça ira... Elle le consolait, et moi j’en croyais pas mes yeux ! Peut-être que ça n’était pas sa femme après tout, mais sa mère ou sa sœur, qu’il était veuf et qu’il avait eu un coup de foudre me voyant nue devant le puits, je sais que la polyandrie est répandu dans le coin, mais l’inverse ? je savais aussi que les couples même mariés ne dormaient jamais sous le même toit, un esprit celui d’un animal souvent, ne l’acceptait pas.... chacun avait donc sa maison... Oui mais bon ceci n’explique pas cela !!....

 

J’en étais encore à me poser ce genre de questions quand un énorme lézard, de bien cinquante centimètres, de couleurs oranges avec des tâches blanches est passé au dessus de moi, une crète et la gueule ouverte, le long du mur, ils se sont tous levés d’un bond, et ont mis une moustiquaire pardessus mon campement.... Bon, ça suffit ! Je vais me coucher dans mon sac à viande (j’ai gardé mes vêtements) et j’ai dormi d’un sommeil de plomb....

 

Cinq heures... Je me réveille, il est l’heure de partir... Un coup de savon sur la figure, brossage de dents, médoc, défaire mon campement dans la pièce où rien ne me disait si quelqu’un à part moi y avait dormi, préparer la moto, la cour était déjà pleine de gens...

Ils avaient tués deux cochons pour une fête qui se préparait apparemment, ils en étaient déjà à une bouteille de Lao Lao à la banane, quand j’ai pris une photo de Faht et de moi, pour lui dire merci et que je ne lui en voulais pas, il s’est accroché à mon cou et a soupiré plusieurs fois en lorgnant mes seins...J’ai pris un peu de riz et des bananes. Il était cinq heures trente précise du matin quand je suis partie....

 

J’ai mis douze heures à arriver à Savannakhet, pour faire 150 kilomètres, mais à part le gravier sur la route rien de bien méchant, rien de passionnant, sauf l’envie d’arriver vite dans une ville, et de ne plus bouger... !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je n'arrive toujours pas réaliser ce qui est arrivé et ce que je dois en tirer... Pourquoi la tigresse ne m'a pas attaqué, pourquoi je suis toujours en vie, pourquoi une telle épreuve d'où j'ai pu tirer cette force ? Je devais sans doute trouver Savonne, ça je n’ai aucun doute, mais le reste ? Mais peut-être qu’un miracle ça ne s'analyse vraiment pas !!!.... ça fait deux fois cette année que je vis un miracle... Pourquoi ?... Moi ça me fait peur, maintenant j'ai peur...Où je crois que je n'ai plus peur.... 
Je suis là à ma terrasse avec mon troisième cafés, Dieu que je vous aime, dieu que c'est bon d'aimer...et de savoir aimer....
Jamais je n'oublierai ces gens de la forêt, jamais, je ne pourrai jamais les remercier assez, pour ce qu’ils ont fait d’ailleurs, ils s'en fichent.... Ils n’ont pas besoin d’un rendu...

 

 

Je retournerai chez Savonne Kââm Chem Gwenn Napone, Salote Kèo et tous les autres. Comme je retournerai vous voir, et vous dire à quel point je vous aime...

 

Ps....Je me souviens du prénom de Faht, et je n’arrive pas à me souvenir de deux des trois jeunes gens qui m’ont sauvés la vie dans la forêt (il ya juste le prénom de Napone qui me résonne encore dans la tête...Je ne comprends pas pourquoi...

 

 

C’était le jour de la pluie du manguier, une pluie fine et belle, avant la mousson, pour que le manguier fleurisse, les gens de Thakhek la fête en offrant des offrandes aux arbres sacrés et aux dieux, j’avais offert des fruits au grand banian du bord du Mékong....  

 

                                                                        FIN

Par Belsa
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