Il est cinq heures Chiang Mai s’éveille...
Si le soleil n’est pas trop haut et donc chaud, je fais une ballade d’au moins trois heures et elle peut se prolonger jusqu’au soir si je n’entends pas l’appel de la salle de bain hein !. J’erre sans but précis, juste pour le plaisir de me perdre et de découvrir de nouveaux cafés où je pourrai revenir plus tard. Je pourrai évidemment vous parler des temples superbes qui égrènent ma route, des petites ruelles pavés, avec leurs maisons en tecks et leurs pots d’orchidées et de chrysanthèmes, je pourrai vous parler des canaux qui sont en fait les anciennes douves de la ville, et qui ont un je ne sais quoi de romantisme. Je pourrai vous parler encore , des lieux touristiques, les fermes en tout genre , orchidées, papillons, éléphants, femmes girafes, mais ça vous êtes assez grand pour aller voir par vous-même hein ?
Moi, ce que j’aime ce sont les portes ouvertes ici et là et qui me permettent d’entendre quelques secondes vivre une famille. Je marche en descendant les trottoirs et en les remontant immanquablement, je me demande pourquoi, alors que les Thaï qui ne sont pourtant pas grands ont des trottoirs aussi hauts ! je pousse ma promenade dans le vieux marché du jour, et je n’en ai jamais vu d’aussi bien achalandés, on y trouve de tout, mais vraiment de tout, ça grouille de choses, de gens, de vie, et de bruits...
On pourrait croire que la routine fatiguerait les clients, mais non ils sont nombreux et ça tous les jours de la semaine ! On peut y manger sur le pouce, car les Thaï mangent tout le temps et partout, ils ne cuisinent presque pas chez eux, comme les Américains, sur le chemin en rentrant du travail, en y allant ou juste pour le plaisir, ils s’arrêtent et se goinfre ! Ce sont en général des curry, des pâtes de riz avec de la viande ou pas des fruits coupés en tranches fines ou des jus de fruits, des sucreries, on sert le tout dans des petits sachets transparent avec un gros cure-dent ou une paille et le tour est joué ! Je fais l’impasse sur les cafards grillés et asticots salés, j’ai l’impression que mon estomac ne les apprécierait pas, ce en quoi je me trompe bien entendu.
Ils ont un artisanat remarquable fait par les différentes ethnies venue du nord, ce sont surtout les textiles, dessus de lit, jupes lourdes le tout brodés avec soin. On peut les voir assises là à même le sol entrain de confectionner des pompons qui orneront des sacs ou leurs coiffes, on y voit des étalages chargés de marchandises in connues de moi, on cuisine, on boit, vous voulez un canapé ? Vous voulez un bijou ? Pas de problème assoyez-vous !
Il est cinq heures et la ville change de gens et de bazars, ceux des jours ferment et ceux de la nuit s’installent et s’illuminent d’une ampoule que justifie la lumière et ce chassé croisé dure depuis la nuit des temps ! Ils m’épatent, ils n’arrêtent pas de faire et défaire, tout en riant et se racontant leurs histoires. C’est qu’ils sont organisés les bougres, les mômes sont à l’arrière du stand, soit dans leurs lit pliable pour les plus petits soit accrochés aux seins et aux baisers de leurs mère. Les plus grand ont leurs coin perso pour jouer, faire leurs devoirs, avec une télé ou un DVD d’où ils pourront voir dessin animé quand leurs parents ont fini de suivre religieusement leurs Feux de l’Amour local.. Ca papote dur entre marchands, j’ai même vu des disputes de couple, ce qui évidemment intéresse tout le monde, même moi... Ils savent tout des uns des autres, partage le thé et les repas voir même le gardiennage des enfants. Je les regarde attendris, ils ont compris à ma démarche que je ne viens pas pour acheter, alors ils me décrochent un sourire complice...
Mes pas font comme tout le monde et me mènent dans les lieux touristiques, je pense justement au Night bazars, que je n’ai pas aimé, forcément, comment vous dire , c’est un lieu genre une halle, où on peut et à la fois acheter au prix d’or, des objets que vous « n’auriez pas vu « dans le journée, et au milieu vous trouvez plusieurs petit resto qui vous cuisinent les plats que vous n’auriez pas goûté ailleurs ... Bon pour faire bref, ça coûte cher et franchement ça n’est pas bon, c’est un peu comme chez nous hein ? Sauf qu’ici on vous on vous met la musique et les danseuses en plus, les touristes sont ravis et moi je retourne vite à l’abri dans mon quartier...
Je prends une rue parallèle dans la nuit, des bars, des « masssageuuu Mèdammmeuuu » nasillards et vite agaçant, je m’arrête cependant au Chiang Mai Saloon remplis d’Américains, (décidemment) qui se racontent le pays avec autant de nostalgie que Kelly. C’est Bern qui me tient compagnie ce soir là, c’est un Berlinois, qui a vécu en Amérique pendant 16 ans, avec plusieurs femmes, mais c’est la première qui lui donna un fils qui en a 15 maintenant. Pour lui qui voyage tout le temps, pas de pays sans femme c’est sa devise, il a vécu entre autre avec une Lesbienne au Canada pendant cinq ans, en France pendant un ans, l’Italie pendant deux, la Grèce pendant trois, le Japon pendant un, et la Thaïlande depuis quatre ! Je lui demande pourquoi une Thaï ? Il me répond parce que tout simplement elle est pauvre ! Heu c’est quoi d’être pauvre ici ? Il me dit ben c’est simple, elle vient d’un village dans le nord qui n’a même pas internet, et personne, mais personne n’a jamais entendu parler l’anglais !!!
La Pauvre !...
Je laisse Bernd à son sauvetage, et je continue vers les douves que je longe pour rentrer dans le 7/ Eleven (genre de petite superette ouverte 24/24H ;) j’achète mon paquet de clope, pour je rejoins enfin la Thapae Gate ou se prépare le festival des Fleurs. Il est tard, je rentre me coucher ...
Ainsi se passe mon séjour à Chiang Mai, il ya eu le festival des fleurs dont la seule attraction était les orchidées, absolument magnifique au prix dérisoire.. Bon pour info vous ne pouvez pas en ramener chez vous, c’est totalement interdit, z’ont peur des bactéries en France, du coup je me demande si je peux manger de la Vache qui rit hein ?
Petit pétage de plombs..
Une dernière chose qui celle là m’a vraiment choqué, ce sont les clopes, sur lequel on peut voir des photos absolument horrible de gens intubés, d’une bouche avec une dentition incroyablement abîmée, et une autre la pire je crois d’une bouche complètement carbonisée soit disant par la clope ... Je trouve ça tout simplement honteux et le sport des fumeurs est de choisir son paquet avec la photo la moins horrible ... Quelle hypocrisie tout de même, est-ce qu’on met ce genre de photo sur la bière ou les alcools fort ? sur les papiers pour les joints ? Ou sur les fesses des filles avec un joli code barre pour prévenir les idiots des risques du sida ? .. Merde !
Pour finir en couleurs..
Le pays aime les couleurs, et d’ailleurs chaque jours à la sienne, le jaune est la couleur de la royauté donc vous la portez quand vous voulez, mais il est de bon ton d’en avoir chez soi ou dans son shop en permanence, soit les rideaux, soit les murs , bref le jaune est partout ! Le rose quand à lui a une belle histoire de fidélité, Le roi a été hospitalisé il y a quelque temps pour une attaque cérébrale, il a été entre la vie et la mort et la Thaïlande ne respirait plus que pour prier, le jour où le roi est sorti de l’hôpital, il portait un polo rose et depuis le rose est associé à la chance et au renouveau, on le porte et l’associe au jaune ! Il ya des photo gigantesque à tous les coins de rue, au carrefours, sur les façades des maisons et building, où on peut voir le couple royal et surtout le roi dans toutes les moments forts de sa vie .. Enfin un truc incroyable je l’ai vu sur ses même pancartes portant des appareils photo, j’en ai compté trois différents.. un Pentax quand il était jeune, un Canon jeune marié, et un Nikon bien plus tard !!
Bon, bon je ne vois ce que je pourrai ajouter sur la Thaïlande, Je suis au Laos depuis une semaine déjà, dans mon prochain mail je vous raconterai mes deux jours sur le Mékong, ma rencontre avec un Russe qui cite Baudelaire et est fan d’Adamo, si j’ai goûté ou non aux rats au barbecue ...
Ps... mes prochain ne seront pas avant trois semaines, (heu, ça vous fera des vacances hein ? ) car je vais encore plus dans le nord ( chez les pauvres de Bernd du Laos, car il y a pas d’internet M... j’ai la trouille !!)
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Balzac et le Bœuf d’Alberta..

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